Le bouddhisme en Chine
Dans notre esprit, le bouddhisme est plutôt rattaché à l'Inde, pays qui l'a vu naître, et à l'Asie du sud-est. On connaît également le bouddhisme tibétain, pas forcément en odeur de sainteté en Chine actuellement. De prime abord, on pourrait donc en conclure que le bouddhisme n'est pas très présent en Chine. Et pourtant... ! Depuis le début de mes voyages, je suis impressionné par l'activité des temples bouddhistes, présents sur tout le territoire, et beaucoup plus vivants que les sites confucéens ou taoïstes. Quelles sont donc l'histoire et l'importance de ce bouddhisme dans la société chinoise ? Le but de cet article est de présenter quelques grandes lignes, avant de faire place aux sites visités, à commencer par les formidables grottes de Datong. La plupart des autres sites mentionnés (Temple des Lamas, Chengde etc.) ont déjà été présentés sur le blog, vous les retrouverez donc dans le sommaire.
Le bouddhisme apparaît en Inde au VIe-Ve siècles av.JC (contemporain de Confucius en Chine) avec le prince Siddhartha Gautama qui se lance dans une quête de vérité après avoir rencontré la pauvreté, la vieillesse et la mort autour de lui. L'ascétisme et la méditation lui ouvrent la voie de l'Eveil, et ses enseignements font de lui le Bouddha de notre âge, "l'Eveillé". Ses successeurs répandront ses préceptes au Népal, à travers l'Inde et au-delà... jusqu'en Chine. Mes connaissances en bouddhisme sont limitées, mais le concept de base réside dans le karma, le cycle de nos réincarnations successives, guidées en bien ou mal par la qualité de nos actions. La vie est duhkha, c'est-à-dire souffrance, et le but est d'atteindre le nirvana, la situation d'Eveil, donc de compréhension de toute chose, qui nous permet de sortir de notre cycle de réincarnations.
A partir de là, deux branches se distinguent, le Hînayâna (ou Theravada, Petit Véhicule) et le Mahâyâna (Grand Véhicule). Le Petit Véhicule, surtout présent en Asie du Sud-Est (mais aussi à Kuqa dans le Xinjiang) est plus fermé et individualiste. Une fois l'état d'arhat (sans-retour) atteint, l'être est sauvé. Pour cela, la pratique monastique rigoureuse est nécessaire. Dans le Grand Véhicule au contraire, tout le monde peut être sauvé, et ceux qui sont déjà éveillés, les boddhisattva, ont pour mission de libérer les autres hommes. Cette conception du bouddhisme comme méthode salvatrice universelle est la plus présente en Chine, sous diverses branches comme les Huayan des temples de Datong ou les Chan (Zen au Japon). Ce résumé est bien lacunaire au regard de la diversité du bouddhisme, de ses textes et de ses écoles, mais revenons au sujet principal, le bouddhisme en Chine.
Si le bouddhisme se développe d'abord en Inde, il atteint rapidement la Chine, en transitant par les grandes routes commerciales du continent asiatique, et notamment à Dunhuang, croisement des tracés nord et sud de la Route de la Soie dans le Gansu. Les premières traces de bouddhisme en Chine remontent au Ier siècle ap.JC, sous la dynastie Han. C'est le premier grand bouleversement issu du contact avec l'étranger pour les Chinois. Il est intéressant de voir que les Chinois ne rejettent pas le bouddhisme, malgré leurs modèles de pensée déjà implantés, mais ils vont siniser le bouddhisme au cours des siècles suivants pour l'assimiler. Cette pénétration du bouddhisme est facilitée par l'effondrement de la dynastie Han, qui a échoué avec son modèle rigoriste et hiérarchique issu du confucianisme. Au contraire, le bouddhisme apparaît comme un idéal universel, qui touche chacun en ces temps troublés, et inspire déjà plusieurs interprétations.
Jusqu'à la réunification de l'Empire des Sui en 589, le territoire chinois est divisé. Au Sud, les dynasties chinoises se sont répliées autour de l'actuelle ville de Nankin. Le bouddhisme est très à la mode dans les milieux de pouvoir politique, économique et intellectuel. Au nord en revanche, les Xiongnu (Huns) et d'autres peuples non-Han se sont imposés. Ils encouragent le bouddhisme, lui aussi non-Han, et en font une religion d'Etat. La pratique est beaucoup plus dévotionnelle, moralisatrice, et l'on fait appel aux compétences magiques des moines à des fins politiques. Les Liang du nord débutent la création de caves à Dunhuang au IVe siècle, les Wei du nord entament celles de Datong, avant de déplacer leur capitale vers Luoyang, dont les grottes de Longmen sont aussi très célèbres.
Lorsque les Sui réunifient l'Empire, le bouddhisme n'est plus contesté, et au contraire il fascine énormément, au point que certains moines décident de partir en pélerinage vers l'Inde pour retrouver les textes originaux. C'est le cas notamment du moine Xuanzang, un personnage très connu en Chine et le long de la Route de la Soie qu'il a emprunté dans son voyage. C'est sous la dynastie des Tang que le bouddhisme atteint son apogée en Chine, dans un contexte d'âge d'or intellectuel et artistique. La Chine est dès lors une terre de bouddhisme, même s'il s'agit d'un bouddhisme sinisé. Les dynasties successives ne reviendront pas sur ces fondements, d'autant que le bouddhisme aura un rôle intégrateur pour les peuples rattachés à l'Empire chinois par les conquêtes, comme nous l'avions vu pour les Tibétains sous la dynastie mongole des Yuan. Le bouddhisme a une fonction politique forte chez les Ming et les Qing, qui font ériger des temples autour de leur résidence d'été à Chengde par exemple. Le communisme et la Révolution Culturelle n'auront pas tué le bouddhisme chinois ; il suffit de se rendre au Temple des Lamas de Pékin ou de suivre les prochains articles sur les grottes de Kuqa, Dunhuang et Datong pour en avoir le coeur net.
Le bouddhisme apparaît en Inde au VIe-Ve siècles av.JC (contemporain de Confucius en Chine) avec le prince Siddhartha Gautama qui se lance dans une quête de vérité après avoir rencontré la pauvreté, la vieillesse et la mort autour de lui. L'ascétisme et la méditation lui ouvrent la voie de l'Eveil, et ses enseignements font de lui le Bouddha de notre âge, "l'Eveillé". Ses successeurs répandront ses préceptes au Népal, à travers l'Inde et au-delà... jusqu'en Chine. Mes connaissances en bouddhisme sont limitées, mais le concept de base réside dans le karma, le cycle de nos réincarnations successives, guidées en bien ou mal par la qualité de nos actions. La vie est duhkha, c'est-à-dire souffrance, et le but est d'atteindre le nirvana, la situation d'Eveil, donc de compréhension de toute chose, qui nous permet de sortir de notre cycle de réincarnations.
A partir de là, deux branches se distinguent, le Hînayâna (ou Theravada, Petit Véhicule) et le Mahâyâna (Grand Véhicule). Le Petit Véhicule, surtout présent en Asie du Sud-Est (mais aussi à Kuqa dans le Xinjiang) est plus fermé et individualiste. Une fois l'état d'arhat (sans-retour) atteint, l'être est sauvé. Pour cela, la pratique monastique rigoureuse est nécessaire. Dans le Grand Véhicule au contraire, tout le monde peut être sauvé, et ceux qui sont déjà éveillés, les boddhisattva, ont pour mission de libérer les autres hommes. Cette conception du bouddhisme comme méthode salvatrice universelle est la plus présente en Chine, sous diverses branches comme les Huayan des temples de Datong ou les Chan (Zen au Japon). Ce résumé est bien lacunaire au regard de la diversité du bouddhisme, de ses textes et de ses écoles, mais revenons au sujet principal, le bouddhisme en Chine.
Si le bouddhisme se développe d'abord en Inde, il atteint rapidement la Chine, en transitant par les grandes routes commerciales du continent asiatique, et notamment à Dunhuang, croisement des tracés nord et sud de la Route de la Soie dans le Gansu. Les premières traces de bouddhisme en Chine remontent au Ier siècle ap.JC, sous la dynastie Han. C'est le premier grand bouleversement issu du contact avec l'étranger pour les Chinois. Il est intéressant de voir que les Chinois ne rejettent pas le bouddhisme, malgré leurs modèles de pensée déjà implantés, mais ils vont siniser le bouddhisme au cours des siècles suivants pour l'assimiler. Cette pénétration du bouddhisme est facilitée par l'effondrement de la dynastie Han, qui a échoué avec son modèle rigoriste et hiérarchique issu du confucianisme. Au contraire, le bouddhisme apparaît comme un idéal universel, qui touche chacun en ces temps troublés, et inspire déjà plusieurs interprétations.
Jusqu'à la réunification de l'Empire des Sui en 589, le territoire chinois est divisé. Au Sud, les dynasties chinoises se sont répliées autour de l'actuelle ville de Nankin. Le bouddhisme est très à la mode dans les milieux de pouvoir politique, économique et intellectuel. Au nord en revanche, les Xiongnu (Huns) et d'autres peuples non-Han se sont imposés. Ils encouragent le bouddhisme, lui aussi non-Han, et en font une religion d'Etat. La pratique est beaucoup plus dévotionnelle, moralisatrice, et l'on fait appel aux compétences magiques des moines à des fins politiques. Les Liang du nord débutent la création de caves à Dunhuang au IVe siècle, les Wei du nord entament celles de Datong, avant de déplacer leur capitale vers Luoyang, dont les grottes de Longmen sont aussi très célèbres.
Lorsque les Sui réunifient l'Empire, le bouddhisme n'est plus contesté, et au contraire il fascine énormément, au point que certains moines décident de partir en pélerinage vers l'Inde pour retrouver les textes originaux. C'est le cas notamment du moine Xuanzang, un personnage très connu en Chine et le long de la Route de la Soie qu'il a emprunté dans son voyage. C'est sous la dynastie des Tang que le bouddhisme atteint son apogée en Chine, dans un contexte d'âge d'or intellectuel et artistique. La Chine est dès lors une terre de bouddhisme, même s'il s'agit d'un bouddhisme sinisé. Les dynasties successives ne reviendront pas sur ces fondements, d'autant que le bouddhisme aura un rôle intégrateur pour les peuples rattachés à l'Empire chinois par les conquêtes, comme nous l'avions vu pour les Tibétains sous la dynastie mongole des Yuan. Le bouddhisme a une fonction politique forte chez les Ming et les Qing, qui font ériger des temples autour de leur résidence d'été à Chengde par exemple. Le communisme et la Révolution Culturelle n'auront pas tué le bouddhisme chinois ; il suffit de se rendre au Temple des Lamas de Pékin ou de suivre les prochains articles sur les grottes de Kuqa, Dunhuang et Datong pour en avoir le coeur net.
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