Sous le soleil de Dali (大理)
Après quelques jours d'inactivité (il fallait couper un peu ;)), je m'atèle de nouveau à la suite et à la fin du blog. Avant de parler des vacances d'été, je finis de raconter mon voyage de l’inter-semestre. C'était il y a déjà bien longtemps ! Le premier article sera consacré à Dali, dans le Yunnan. Yacine m’ayant quitté à Lijiang, c’était mon premier voyage vraiment seul en Chine. Forcément, tout seul on galère un peu plus ! De prime abord, Dali m’a donc moins plu que l’extraordinaire Lijiang, mais en revoyant les photos, je réévalue mon appréciation de Dali.

L'essor de Dali, comme du reste du Yunnan, remonte aux premiers échanges commerciaux entre l'Asie du sud-est, l'Inde et la Chine. Les premiers empires chinois ont eu de grandes difficultés a contrôler ces zones. Par conséquent, les Tang ont préféré s'allier avec le Nanzhao, le "Prince du Sud" pour s'opposer à la pousse des Tibétains vers le nord. Mais cette alliance devait se retourner contre les Chinois, lorsque le Nanzhao, attaché à son indépendance, décidait à son tour de menacer les terres du sud de la Chine au VIIIe siècle. Puis le pouvoir du Nanzhao fut renversé pour permettre l'instauration du "Royaume de la grande concorde" ("Dali") géré par les grandes familles de l'ethnie Bai. Puis vous vous souvenez que les Mongols ont lancé une vaste série de conquêtes dans le sud afin de rattacher ces terres à l'Empire chinois. Dali était alors une des zones les plus riches, notamment connue pour son marbre, utilisé par la suite dans tout l'Empire.
Dali est une ville relativement préservée, car le nouveau centre économique est construit à quelques kilomètres au sud des enceintes de la vieille ville. Il y règne une atmosphère agréable, et la ville étant un peu plus grande que le centre de Lijiang, l’impression d’être dans une foire pour touristes est moins présente. Néanmoins, je persiste à penser que la ville a moins de charme. D’ailleurs, le plus intéressant est en dehors de la vieille ville, dans les villages au nord ou sur le lac Erhai. Par conséquent, j'avais loué un taxi à la journée pour visiter la région.
Quelques belles portes Bai.

Ma visite a commencé dans le village de Xizhou, qui abrite les maisons d’anciennes grandes familles Bai de la région, reconnaissables à leurs portes massives. Contrairement aux siheyuan pékinois avec quatre côtés autour d’une cour, les maisons Bai ont trois côtés et un mur blanc, exposé sud-ouest, pour emmagasiner la chaleur durant l’après-midi et la redistribuer dans la cour le soir. Ensuite, je me suis laissé guider dans une fabrique traditionnelle de vêtements. Le travail de teinturerie, autre spécialité de la région, était intéressant à observer.
Le travail de teinturerie, pour un résultat haut en couleurs !

Ensuite, j’avais prévu de faire un petit tour sur le lac Erhai (« la mer en forme d’oreille »). Malgré le prix un peu élevé, je ne regrette pas de l’avoir fait, car le temps était très dégagé et j’en ai bien profité. Sur l’autre rive, dans un petit village de pêcheurs, un petit garçon de neuf ans est venu discuter avec moi… en anglais tout d’abord. Puis il m’a expliqué qu’il était accompagné de sa petite sœur de 3 ans. « Ah bon, tu as une petite sœur ? » Et oui, après quelques mois en Chine, cela choque ! En réalité, il appartient à la minorité Bai, donc la politique de l’enfant unique ne s’applique pas à sa famille. Puis il m’a présenté sa mère et sa tante, qui avaient la particularité d’avoir les cheveux ras et de parler un anglais correct. Malheureusement, je devais me dépêcher de regagner le bateau pour le trajet retour.
Une porte Bai, dans un village situé sur le fascinant Lac Erhai.

Mais le soir venu, en me promenant dans les rues de Dali, je recroise la même famille par hasard. La mère et la tante me disent que dans leur culture, cela signifie que notre rencontre n’était pas due au hasard, et elles m’invitent à dîner. Le repas était un huoguo sichuanais, donc un gros pot avec de l’eau portée à ébullition dans laquelle on met sauce, viande, légumes et... épices. Ce n’est pas mon plat préféré, surtout que cette sorte de huoguo est la plus pimentée, et cette fois-là, c’était vraiment trop pour moi ! Mais le repas était intéressant. J’ai pu m’apercevoir une nouvelle fois de la diversité de la Chine. Car au final, cette famille habite à Dali, à des milliers de kilomètres de Pékin. Le temps oscille entre 15°C et 30°C tout au long de l’année, alors que j’étais quelques jours plus tôt à Harbin, par –30°C !
Le "xiao pengyou" en question, et sa petite soeur.