Datong, ville de désespoir ?

Publié le par Valentin Chaput

Malgré son beau passé, la ville de Datong est aujourd'hui célèbre en Chine pour ses mines de charbon. Disposant du bassin houiller le plus abondant de tout le pays, les dizaines d'exploitations minières de la région de Datong assurent à elles seules un quart de la production chinoise ! Comme vous les savez, le charbon n'est pas l'énergie la plus propre, loin de là, mais la Chine, malgré des efforts récents, reste dépendante de cette énergie, qui assure les deux tiers de sa consommation. Qui dit charbon dit mines (même en face des Grottes de Yungang !), et qui dit mines dit mineurs, donc conditions de vie difficile comme le montre le film Blind Shaft. Officiellement, Datong est une région en plein essor, mais sur le terrain, la pauvreté et l'archaïsme sont toujours très présents, y compris dans le centre-ville. Petite visite nocturne dans un quartier dont les derniers habitants en attente d'être délogés ont toujours des toilettes communes au bout de la rue et de vieux poëles à charbon pour se chauffer, à deux cents mètres à vol d'oiseau du centre de consommation des jeunes de Datong.


Tout commence à la sortie des monastères Huayan, dans un quartier bien éclairé même s'il n'est pas très moderne.


Dans la rue suivante, un visage connu nous interpelle à l'intérieur de cette boucherie. La figure de Mao est toujours très présente chez les populations les plus pauvres de pays.


Ma photo préférée, dans une petite ruelle. La plupart des habitants du quartier ont une pièce vitrée qui leur sert à la fois d'échoppe et de logement. Je voulais prendre une photographie de cette pièce, puis je me suis aperçu que le vieil homme nous fixait. Un peu gêné, je fais semblant de prendre des photos des alentours, puis revient sur sa petite baraque, et il était toujours imperturbable, à regarder ébahi deux laowai dans sa petite ruelle !


Mais la croissance chinoise balaye progressivement tous ces quartiers qui nous fascinent tant, mais qui sont souvent insalubres et très peu efficaces en termes de densité de logements. Les zones à détruire sont symbolisées par ce carcatère, 拆 (chai), visible sur de nombreux murs de Pékin et d'ailleurs. Les bâtiments disparaissent, mais la pauvreté demeure pour le moment...
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Publié dans Voyages

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