Le mur des 10 000 li (II) : le bout du monde à l'ouest

Publié le par Valentin Chaput

Après avoir évoqué le site de Shanhaiguan, qui marque la fin de la Grande Muraille de Chine à l'est, je vous présente cette fois-ci l'autre extrémité du mur, marquée par le fort de Jiayuguan (嘉峪关) dans la province du Gansu (甘肃). Resituons le décor. Nous sommes à la toute fin du mois de janvier, je reviens du Yunnan en regrettant de perdre le chaud soleil de Kunming, Lijiang et Dali dont je vous parlerai plus tard. Nous arrivons de Lanzhou par le train en couchettes molles, c'est-à-dire la meilleure classe possible, car il n'y avait plus d'autres billets. Il est 7h du matin, la neige est fraiche, on nous annonce -19°C à l'extérieur du train ;-). Le voyage commence bien !


Jiayuguan (Photo Phil)

Jiayuguan était un endroit légendaire pour les Chinois, un territoire lointain dont chacun avait entendu parlé, mais où personne n'était allé... le bout du monde. Le site est situé au coeur du Corridor Hexi, une longue vallée qui relie la Chine impériale, au delà de Lanzhou à l'est, avec les terres occidentales qu'emprunte la Route de la Soie. Bloqué entre deux chaînes de montagnes, Jiayuguan dispose d'un climat très froid en hiver, puis désertique et chaud en été. La Muraille traverse la vallée de part en part, avec un imposant fort au milieu. Nous avons ainsi pu atteindre les ruines du premier morceau du mur, mais ces photos, comme beaucoup d'autres, ont disparu avec le vol de mon appareil. Tous les magnifiques photos présentées sur le blog aujourd'hui sont par conséquent celles récupérées sur l'appareil de Phil, notre ami néo-zélandais, qui était passé un jour avant nous et avait bénéficié d'un bien meilleur temps que nous !


Nous avions quelques photos identiques à celles de Phil, mais avec le beau temps en moins...

En réalité, Jiayuguan n'a acquis de l'importance que sous les Ming, au XIVe siècle. Auparavant, les Han avaient déjà construit un mur, à quelques dizaines de kilomètres plus à l'ouest, afin de se protéger des Xiong Nü, ancêtres supposés des Mongols. Puis le territoire chinois a longtemps dépassé Jiayuguan, allant jusque dans l'actuel Xinjiang. Mais sous les Ming, la Chine se replie quelque peu, et JIayuguan est le symbole de la frontière. Les Ming y ont donc construit un fort. Il comporte trois portes principales, entourées de remparts, taillés dans une pierre de la région, de la même couleur que le désert environnant.


Les tours du fort de Jiayuguan (Photos Phil)


Le site était non seulement un fort défensif en cas d'attaque éventuelle, mais aussi une sorte de prison de transition pour les Chinois condamnés à l'exil. Ces derniers stationnaient à Jiayuguan quelques jours, avant d'être bannis vers l'ouest, là où ils ne reverraient jamais plus leur terre natale. Il y a donc dans cet endroit une ambiance très impressionnante d'isolement et d'éloignement vis-à-vis de toute chose, et même de toute vie humaine dans notre cas car les touristes ne viennent que l'été. Nous avons donc pleinement profité du fort, de la première (ou dernière) section du mur, et de la montée des premières marches, sur les monts qui partent vers l'est.


Les premières marches de la Grande Muraille de Chine, que nous avons grimpées sous la neige et le froid du lendemain (Photo Phil).

La journée à Jiayuguan reste un très grand souvenir de ce voyage d'hiver ! J'y reviendrai dans les semaines à venir, car il me reste encore beaucoup à dire, entre le Yunnan et le Xinjiang ! A très bientôt.
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Publié dans Voyages

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D
sublime !<br /> bons baisers
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