Chengdu, une ville qui fut belle
Une demi-nuit après le retour d'Harbin, je repartais déjà, avec Yacine cette fois-ci, pour huit jours dans le sud de la Chine. Première étape à Chengdu, capitale de la province du Sichuan, réputée pour sa nourriture pimentée, ses salons de thé et ses jolies filles, même si nous avons été plus convaincu par les deux premières affirmations que par la dernière ;-). L'histoire de Chengdu est intéressante, car c'est une ville ancienne, chargée d'une longue histoire de quatre millénaires. La région où est implantée la ville a été connue sous le nom de "terre de l'abondance" dès l'âge du bronze.
C'est en fait au IVe siècle avant notre ère que Chengdu devint une vraie capitale importante (le nom Chengdu, 成都, singnifie d'ailleurs "devenir une capitale"), celle du prospère Royaume de Shu. En 316 av.JC, l'Empire créé par Qin conquiert cette zone qui deviendra Han pour les siècles suivants. Mais à la chute de la dynastie des Han de l'est en 221 ap.JC, Chengdu reprend un rôle de capitale, celle de la restauration du Royaume Shu sous l'autorité du personnage légendaire de Liu Bei, figure emblématique de la grande épopée des Trois Royaumes, sur laquelle je reviendrai plus loin.
Deuxième heure de gloire pour Chengdu, lorsque la dynastie des Tang en exil y trouve refuge. Souvenez-vous de mes articles et montages-photos sur Xi'an. Le rebelle An Lushan, aidé par la concubine impériale Yang Guifei, pousse l'Empereur Xuanzong à quitter sa capitale en 756. Derrière lui, l'Empereur fait venir deux grands artistes, peut-être considérés comme les deux plus grands poètes chinois, Du Fu et Li Bo, qui feront l'objet d'un autre article.
Par la suite, Chengdu profita de sa position exceptionnelle au centre de la Chine, comme point de contact entre l'Asie du sud avec le Tibet, la Birmanie, voire l'Inde, la Chine du Yangzi qui conduit vers Shanghai, et le nord du pays, vers Xi'an puis Pékin. Le commerce a toujours été une activité centrale. Bien avant les Vénitiens ou les Flamands des cours d'économie de Sciences Po, c'est à Chengdu que se sont développés les bases du dépôt bancaire et du billet de banque, dès le IXe siècle !
Dernier moment-clé de l'histoire de Chengdu, le milieu du XXe siècle. Chengdu est à plus de deux mille kilomètres de la mer à l'est. Lorsque les Japonais ont occupé la Chine à partir de 1931, ils ne sont pas arrivés jusqu'au Sichuan. C'est donc à Chengdu et à Chongqing que les nationalistes du Guomindang ont installé leur résistance. C'est d'ailleurs Chengdu qui sera le dernier bastion nationaliste (hors Taiwan) à tomber fin décembre 1949 lorsque le PCC fonda la République populaire de Chine.
Avec une si longue succession de grands événements dans un cadre économique souvent florissant, on est en droit de s'attendre à une ville de grande beauté. Malheureusement, Chengdu est aujourd'hui composée de tours comme toutes les autres villes de Chine. Les anciens quartiers avec leurs beaux bâtiments sont limités à deux rues, autour des deux temples que nous avons visité, et qui feront l'objet du prochain article. Tout le reste à été détruit. En revanche, nous avons vraiment ressenti une astmosphère très différente dans l'attitude des gens, leurs activités, car la ville paraît beaucoup moins "occidentalisée" que Pékin.
C'est en fait au IVe siècle avant notre ère que Chengdu devint une vraie capitale importante (le nom Chengdu, 成都, singnifie d'ailleurs "devenir une capitale"), celle du prospère Royaume de Shu. En 316 av.JC, l'Empire créé par Qin conquiert cette zone qui deviendra Han pour les siècles suivants. Mais à la chute de la dynastie des Han de l'est en 221 ap.JC, Chengdu reprend un rôle de capitale, celle de la restauration du Royaume Shu sous l'autorité du personnage légendaire de Liu Bei, figure emblématique de la grande épopée des Trois Royaumes, sur laquelle je reviendrai plus loin.
Deuxième heure de gloire pour Chengdu, lorsque la dynastie des Tang en exil y trouve refuge. Souvenez-vous de mes articles et montages-photos sur Xi'an. Le rebelle An Lushan, aidé par la concubine impériale Yang Guifei, pousse l'Empereur Xuanzong à quitter sa capitale en 756. Derrière lui, l'Empereur fait venir deux grands artistes, peut-être considérés comme les deux plus grands poètes chinois, Du Fu et Li Bo, qui feront l'objet d'un autre article.
Par la suite, Chengdu profita de sa position exceptionnelle au centre de la Chine, comme point de contact entre l'Asie du sud avec le Tibet, la Birmanie, voire l'Inde, la Chine du Yangzi qui conduit vers Shanghai, et le nord du pays, vers Xi'an puis Pékin. Le commerce a toujours été une activité centrale. Bien avant les Vénitiens ou les Flamands des cours d'économie de Sciences Po, c'est à Chengdu que se sont développés les bases du dépôt bancaire et du billet de banque, dès le IXe siècle !
Dernier moment-clé de l'histoire de Chengdu, le milieu du XXe siècle. Chengdu est à plus de deux mille kilomètres de la mer à l'est. Lorsque les Japonais ont occupé la Chine à partir de 1931, ils ne sont pas arrivés jusqu'au Sichuan. C'est donc à Chengdu et à Chongqing que les nationalistes du Guomindang ont installé leur résistance. C'est d'ailleurs Chengdu qui sera le dernier bastion nationaliste (hors Taiwan) à tomber fin décembre 1949 lorsque le PCC fonda la République populaire de Chine.
Avec une si longue succession de grands événements dans un cadre économique souvent florissant, on est en droit de s'attendre à une ville de grande beauté. Malheureusement, Chengdu est aujourd'hui composée de tours comme toutes les autres villes de Chine. Les anciens quartiers avec leurs beaux bâtiments sont limités à deux rues, autour des deux temples que nous avons visité, et qui feront l'objet du prochain article. Tout le reste à été détruit. En revanche, nous avons vraiment ressenti une astmosphère très différente dans l'attitude des gens, leurs activités, car la ville paraît beaucoup moins "occidentalisée" que Pékin.
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