Les chemins de l'aventure

Publié le par Valentin Chaput

Les articles liés à mes trois voyages risquent de s’étendre dans la durée. J’ai donc préparé un petit récapitulatif chronologique des étapes, centré sur le thème des transports. Car lors d’un voyage en Chine, les transports représentent la dépense principale car les hôtels et les repas sont très bon marché. Les distances étant immenses, il ne faut pas non plus sous-estimer le temps à consacrer aux déplacements. En effet, sur trente jours de voyage, j’ai calculé que j’avais passé presque sept jours complets dans les trains, avions, bus, bateaux, mini-bus, taxi et autres dérivés !

-11/01 : Le grand départ ! Après un dernier repas de classe dans un restaurant japonais, je vais dormir à Beida avec Jérémie car notre train du lendemain part aux aurores. Nous avons eu un mal fou à le trouver, car Harbin est LA destination de l’hiver. Du coup, nous nous sommes rabattus sur un train de jour. Onze heures, en partant avant le lever du soleil et en arrivant après son coucher vu que les jours sont court tout au nord… Une fois à Harbin, par masochisme, nous avons tout fait à pied.
-15/01 : Le retour se fait en TGV chinois, une nouvelle fois parce que nous n’avons pas pu trouver d’autre solution. C’est le voyage en train qui nous a coûté le plus cher : plus de 300 yuan ! Au final, ce n’était pas aussi rapide que prévu, car il a fallu changer de train en cours de route, peut-être parce que le premier avait trop froid ?

-16/01 : A peine le temps de dormir que je repars pour le sud avec Yacine. Notre première étape est à Chengdu, que nous atteignons par un avion moins cher que la moyenne, car nous acceptons de partir par le deuxième aéroport de Pékin, Nanyuan, au sud de la ville. C’est assez amusant car l’aéroport ressemble à une base militaire au premier abord. Mais nous sommes rassurés par la qualité des voyages intérieurs chinois, qui, malgré un léger problème de ponctualité, proposent de très bons repas !
-18/01 : Après la visite de Chengdu et de la réserve de pandas, nous prenons le train pour Kunming au Yunnan. Nous avons bien failli ne jamais le prendre ce train… Car Chengdu a deux gares, une au nord et une au sud. Or nous avons acheté nos billets à la gare du sud, sans penser que ce n’était pas forcément la bonne, vu que Kunming est au sud du Sichuan. Mais un éclair de lucidité à moins d’une heure du train a traversé mon esprit, et après vérification, nous avons sauté dans un taxi au nez et à la barbe de pauvres Chinois qui attendaient aussi le leur. La mission, traverser une ville de quatre millions d’habitants en moins de quarante-cinq minutes ! Grâce à notre Schumacher local, nous avons eu le train, mais il s’en est fallu de cinq minutes. Et il valait mieux ne pas le rater… car nous partions pour dix-huit heures de trajet ! Ce trajet est d’ailleurs très connu dans le sud du pays, car il emprunte plusieurs vallées qu’il traverse grâce à plus de quatre cents tunnels et six cents ponts (en même temps, en 18h, il y a le temps !).

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Etre sous la télé, ce n'est pas si avantageux... car on est obligé de subir les clips chinois !

-19/01 : Une journée rapide mais suffisante à Kunming, nous partons pour Lijiang, et découvrons par la même occasion les joies du bus de nuit ! Je pensais naïvement que les couchettes seraient disposées comme dans le train, en largeur et non en longueur. Mais non, les Chinois sont très forts, ils arrivent à mettre trois rangées de couchettes et deux allées sur quatre mètres de large ! Si l’explication n’est pas claire : vous avez vos pieds vers l’avant du bus, la tête vers l’arrière, et il y a un lit identique à votre gauche et un autre à droite, séparés par des allées. Idem pour les lits du dessus. Au total, une quarantaine de personnes peuvent "dormir" dans le bus. Voilà pour la théorie. Dans la pratique, pour entasser tant de monde, il faut des petits lits. Petit, c’est quarante à cinquante centimètres de large et un mètre cinquante, voire un mètre soixante en long. Ça passe pour les petites chinoises, mais pour nous, c’est plus dur, d’autant que l’"oreiller" est surélevé. Il faut un peu de pratique, et finalement, en retrouvant une position fœtale, en acceptant d’avoir mal à la nuque, d’avoir les jambes calés sur les barres de fer latérales, et en subissant la musique chinoise, on arrive tant bien que mal à s’endormir !
-20/01 : Une fois à Lijiang, nous avons décidé de faire immédiatement la balade des Gorges du Saut du Tigre. Pour des raisons d’horaires de bus retour, nous avons préféré commencer la balade par la fin, à Daju, pour la faire à l’envers jusqu’à Qiatou. Nous avons donc loué un taxi pour aller jusqu’à notre point de départ. Il fallait passer par une route superbe mais plutôt accidentée ! La femme du chauffeur, qui n’avait jamais empruntée cette route, avait peur à chaque virage, et tenait un porte-bonheur accroché au rétroviseur central. Et là surprise car nos conducteurs étaient Naxi, le porte-bonheur était un portrait de Mao !

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Mao n'est pas mort ! Ou plutôt, nous ne sommes pas morts dans un tournant grâce à lui !

-21/01 : La fin de la balade a été éprouvante, non seulement parce que nous avions dix heures de marche dans les pattes, mais aussi parce qu’à la sortie des gorges, un policier nous avait annoncé un peu plus d’un kilomètre pour atteindre le bus. Il y en avait en fait six ! Bien énervés et fatigués, nous avons essayé d’arrêter des taxis pour les deux derniers kilomètres, sans succès. L’argent corrompt les cœurs ! Car au final, c’est une famille de paysans locaux qui nous ont pris à l’arrière de leur pic-up, gratuitement. Finalement, nous récupérons le bus, qui emprunte une route à moitié défoncée et à moitié… en construction pour rejoindre Lijiang !
-22/01 : De Lijiang à Dali, un vieux mini-bus qui éprouvait des difficultés dans les montées (dommage dans cette région !), mais rien de particulier à signaler.
-23/01 : Petite journée autour de Dali avec un taxi pas cher loué pour la journée. En revanche, le bateau était plus onéreux, pour la traversée du Lac Erhai.
-24/01 : Dali-Kunming, enfin un vrai bus comparable aux nôtres. Tellement semblable que le film diffusé est Double Zéro avec Eric et Ramzy. Ouais, vive l’exception culturelle française, présente au bout du monde ! Les voix chinoises sont amusantes. Il y a aussi beaucoup de moments sans traduction, parfois par difficulté de compréhension pour un non "native speaker" certainement, mais aussi pour toutes les blagues en dessous de la ceinture. C’était un sentiment amusant d’être le seul à comprendre. L’attente de six heures à l’aéroport était nettement moins drôle.

-26/01 : Après trente-six heures d’un repos nécessaire, direction Lanzhou pour entamer la Route de la Soie avec Jérémie ! Pékin connaît très peu de précipitations en dehors de l’été (à tout casser, une semaine de pluie/neige en cumulé depuis mon arrivée fin août !), ce qui nous fait oublier que la pluie et la neige tombent ailleurs. A Lanzhou notamment, où nous avons atterri sur une piste enneigée, par –20°C. Si vous ne l’avez jamais fait, c’est très amusant, le bruit de l’atterrissage est différent, l’avion patine un peu… Bref, Lanzhou étant sous la neige, nous partons dès le soir même pour Jiayuguan. Le seul billet que nous pouvons avoir est la couchette molle, la meilleure des quatre classes des trains chinois. En effet, c’est grand luxe. Nous l’aurons fait au moins une fois…
-27/01 : Là, cela continue à être drôle. Après une matinée de visite, il est 3h de l’après-midi. Notre train est à… 3h30 du matin ! Il fait –20°C, la ville est morte ! Nous décidons de prendre une chambre d’hôtel pour dormir de 18h à 2h30. Mais cela ne suffit pas, du coup je me rendors sur mon siège mou. Je devais être vraiment crevé car j’ai dormi dans des positions hallucinantes, difficiles à raconter par écrit. Mais pour faire simple, j’avais les deux pieds au sol, les jambes et les fesses à leur place normale en position assise, mais le haut du corps était tout tordu de telle sorte que ma tête était posée sur le siège directement à côté. Essayez sur votre canapé, vous verrez ! Et j’ai dormi deux heures comme cela !
-29/01 : Après le train qui part à 3h du matin, le bus de nuit, déjà très froid, qui arrive à 5h30 du matin à Turpan. Nous réveillons alors Phil, dont on reparlera plus tard ! A Turpan, nous avons trouvé des amis locaux, qui se sont occupé de nos transports, donc aucun soucis.

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Peut-être la photo la plus parlante pour vous permettre d'imaginer le côté "boîte de sardines" de ces bus de nuit chinois !

-01/02 : En revanche le trajet Turpan-Korla-Khotan était le plus dur du périple ! Le Turpan-Korla était correct, si l’on excepte le chauffage et le soleil qui donnaient une chaleur de 30°C alors que nous étions habillés pour les –15°C de l’extérieur. Le chauffeur était en stage, du coup, le moniteur lui faisait faire toutes sortes d’exercices très sympathiques, comme le dépassement de camions dans un virage en montagne. Je n’ai pas passé le permis, mais je ne crois pas que ce soit très sage de faire cela ! Une fois à Korla, il faut changer de station de bus, et donc de station du bus. Le chauffeur de taxi ne parle pas et ne lit pas le Chinois… Sommes-nous toujours en Chine ici ? Léger doute dans le bus également, où il n’y a que de pauvres mères ouighoures avec leurs enfants. Le bus est le plus pourri que nous ayons pris, avec une planche de bois en guise de couchette, et juste un petit matelas léger dessus. Tiens, c’est bizarre, il fait –20°C dehors certes, mais pourquoi fait-il aussi –10°C dedans !? 1400 kms, dix-sept heures sous la vitre gelée, à essayer de dormir en combinaison de ski, avec deux écharpes pour protéger le visage et un bonnet sur la tête ! En hiver, seule la couchette centrale est humainement tenable. Sinon, c’est dur ! Par un effet physique curieux, il se forme une sorte de neige à l’intérieur du bus, d’abord à partir de la glace sur la vitre, puis au plus froid de la nuit, lorsque le bus est au beau milieu du Désert du Taklamakan, c’est tout l’intérieur, jusqu’à la partie de la couchette en contact avec le mur, qui se transforme en neige. La nuit fut donc difficile, et avec le vol de l’appareil quelques heures plus tard, je n’étais pas très joyeux…
-03/02 : Nouveau bus de nuit pour Kashgar, dans les mêmes conditions climatiques, mais cette fois-ci le trajet est plus court, donc on ne dort toujours pas mais on survit !
-06/02 : A Kuqa, nous décidons d’affréter un taxi pour nous rendre aux grottes. Nous traversons une "route" de montagne assez somptueuse elle aussi, avec des formations géologiques d’une très grande richesse. Toutes ces failles, ça nous rappelle les cours de biologie. Par contre, le chauffeur apprécie bien moins car le trajet est plus long que ce qu’il avait prévu et nous avions négocié le prix à l’avance. Nous aurons au moins gagné une négociation !

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Poussez pas ! Y'a de la place pour tout le monde... ou pas d'ailleurs !

-07/02 : Yes ! Nous retrouvons le train, chauffé en plus ! C’est le Nouvel An, c’est la fête, toutes les familles bougent avec les enfants pour aller voir les grands parents. Dix heures de trajets qui passent comme une lettre à la poste. Je me souviens d’avoir trouvé le trajet Cannes-Paris en TGV très long l’an dernier : 5h, imaginez donc ! La Chine vous fait relativiser tout cela, car le moindre voyage revient à traverser la France en termes de distance, et pas en TGV cette fois-ci !
-09/02 : Le dernier voyage en train, qui est aussi le moins agréable. Il fallait marquer le coup ! Siège dur pour seize heures, avec une famille très pauvre en face de nous. Malheureusement, ils n’avaient jamais vu un dentiste, ce qui n’est pas très drôle, et fait vraiment peur au résultat ! L’avantage, c’est que le train de Kuqa à Urumqi s’arrête à Turpan, et pers les trois-quarts des passagers. Du coup les places se libèrent et il est possible dormir en s’allongeant sur les banquettes de trois sièges. Autrement, il faut une nouvelle fois faire preuve d’imagination pour les positions. Etre assis mais en boule avec les genoux contre la poitrine et la tête sur la genoux, ça passe si vous êtes vraiment en manque de sommeil, sinon prendre appui sur la tablette reste la meilleure solution… quand la tablette n’est pas déjà squattée par les voisins ! Sinon j’ai trouvé un truc pas mal : dormir en forme de L, avec les jambes tendues à 90°C qui tiennent grâce aux pieds posés sur le siège d’en face. Vous avez vaguement l’impression d’être allongé, et cela ne nécessite que deux sièges en largeur ! Mais comme le faisait remarquer Jérémie, nous nous habituons à ces voyages à la dure, à la fin de l’année, nous serons comme les vieux Chinois qui arrivent à dormir en étant simplement assis sur leur siège dur !
-11/02 : Un dernier voyage en avion, et c’en est fini ! Retour à Pékin après environ quinze mille kilomètres parcourus (avions compris) !

Dans le même genre, j’aurais pu faire le best of des hôtels, et surtout celui des pires toilettes publiques de Chine, car il y a de quoi dire dans le genre Silent Hill c’est très fort, mais aurez-vous envie de venir dans l’Empire du Milieu après cela ? Je me limiterai donc à un petit article sur les expériences culinaires dans les différentes régions traversées ! Rendez-vous très prochainement pour la suite !
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Publié dans Voyages

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