Je regrette de ne pas avoir eu plus de temps pour vous introduire à l’histoire de la Chine. Certes, il en a été souvent question dans les articles de voyage ou dans les commentaires de certains films, mais ce n'était jamais des réflexions structurées et très poussées sur la Chine et sa longue histoire. Par conséquent, la meilleure solution pour en apprendre plus est de lire Le Monde chinois, écrit par Jacques Gernet en 1973, et réactualisée depuis. Le Gernet fait partie des références, et propose une introduction complète mais précise de l’histoire de ce « monde » qui ne nous est pas familier, depuis le premier millénaire jusqu’au tumultueux XXe siècle.
Il est impossible de rentrer trop dans le détail ici, mais j’ai retenu quelques-uns des éléments principaux. Tout d’abord le mouvement ! L’image d’une Chine perpétuelle et figée depuis plus de deux millénaires persiste en Occident, et pourtant c’est une erreur fondamentale ! Vous l’avez vu sur le blog, les dynasties ont été nombreuses, les guerres également, et ne parlons pas des changements très réguliers de capitales, qui représentent à chaque fois de nouvelles orientations pour la Chine dans son ensemble ou pour ses parties morcelées.
Car la Chine a été presque aussi souvent divisée qu’unie. C’est un deuxième point important. Le territoire chinois ne s’est pas formé d’un seul bloc ! Là aussi le blog vous a montré les disparités géographiques, ethniques et culturelles entre Harbin, Xi’an, le Yunnan, Shanghai et Pékin entre autres. Cette question du territoire est à garder en tête lorsque l’on évoque les problèmes du pouvoir central au Tibet, au Xinjiang, ou vis-à-vis de Taiwan pour les exemples d’actualité.
Du fait de sa taille et de sa masse démographique, la Chine a toujours été un pilier de l’Asie, et sa culture a pénétré le Japon, la Corée, l’Asie du Sud-Est, mais aussi les pays de la Route de la Soie jusqu'aux portes de l'Europe orientale. Réciproquement, la Chine a beaucoup reçu de ses voisins. On présente souvent la Chine comme un modèle uniquement basé sur les valeurs du "confucianisme" (notion inventée par les Occidentaux, il est toujours bon de le rappeler !), et imperméable aux apports de l’extérieur. Je vous renvoie aux articles sur l’influence du bouddhisme venu d’Inde, ou l’apport des dynasties non-Han comme les Mongols de la dynastie Yuan ou les Qing mandchous.
Ensuite le rapport à l’Occident, de même que le rapport de l’Occident à la Chine, est encore au cœur de beaucoup de nos
incompréhensions réciproques. La dernière période de contact, entre la moitié du XIXe siècle et l’arrivée des communistes au pouvoir un siècle plus tard, a été particulièrement traumatisante pour
la Chine. Elle a été aliénée par les puissances étrangères qu’elle ne pensait pas si fortes. Une partie de nos idées fausses provient de cette période de supériorité de l’Occident sur un monde
chinois trop pauvre, trop peuplé et trop archaïque, mais c’est oublier que jusqu’au XVIIIe siècle, le développement de la Chine était bien supérieur à celui de l’Occident. Nous revendiquons de
nombreuses découvertes qui appartiennent en réalité à la Chine, comme l’imprimerie, voire même le continent américain.



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