夏冰欢迎你!

Les Dong, Longsheng, Yangshuo... cette semaine vous pourrez découvrir les trois derniers articles de mon dernier voyage en Chine. Toutefois le blog n'est pas encore totalement achevé. Je ne peux pas terminer sans revenir sur les quelques enseignements que je retire de cette année consacrée à la Chine et aux Chinois. A très bientôt donc...
Xia Bing
Mardi 6 mai 2008
Malgré son beau passé, la ville de Datong est aujourd'hui célèbre en Chine pour ses mines de charbon. Disposant du bassin houiller le plus abondant de tout le pays, les dizaines d'exploitations minières de la région de Datong assurent à elles seules un quart de la production chinoise ! Comme vous les savez, le charbon n'est pas l'énergie la plus propre, loin de là, mais la Chine, malgré des efforts récents, reste dépendante de cette énergie, qui assure les deux tiers de sa consommation. Qui dit charbon dit mines (même en face des Grottes de Yungang !), et qui dit mines dit mineurs, donc conditions de vie difficile comme le montre le film Blind Shaft. Officiellement, Datong est une région en plein essor, mais sur le terrain, la pauvreté et l'archaïsme sont toujours très présents, y compris dans le centre-ville. Petite visite nocturne dans un quartier dont les derniers habitants en attente d'être délogés ont toujours des toilettes communes au bout de la rue et de vieux poëles à charbon pour se chauffer, à deux cents mètres à vol d'oiseau du centre de consommation des jeunes de Datong.


Tout commence à la sortie des monastères Huayan, dans un quartier bien éclairé même s'il n'est pas très moderne.


Dans la rue suivante, un visage connu nous interpelle à l'intérieur de cette boucherie. La figure de Mao est toujours très présente chez les populations les plus pauvres de pays.


Ma photo préférée, dans une petite ruelle. La plupart des habitants du quartier ont une pièce vitrée qui leur sert à la fois d'échoppe et de logement. Je voulais prendre une photographie de cette pièce, puis je me suis aperçu que le vieil homme nous fixait. Un peu gêné, je fais semblant de prendre des photos des alentours, puis revient sur sa petite baraque, et il était toujours imperturbable, à regarder ébahi deux laowai dans sa petite ruelle !


Mais la croissance chinoise balaye progressivement tous ces quartiers qui nous fascinent tant, mais qui sont souvent insalubres et très peu efficaces en termes de densité de logements. Les zones à détruire sont symbolisées par ce carcatère, 拆 (chai), visible sur de nombreux murs de Pékin et d'ailleurs. Les bâtiments disparaissent, mais la pauvreté demeure pour le moment...
Par Valentin Chaput - Publié dans : Voyages
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Lundi 5 mai 2008
Nous avons un nouveau week-end fort intéressant à Datong, une ville située à un peu moins de quatre cents kilomètres de Pékin, dans l'extrême nord du Shanxi, à proximité de la Mongolie intérieure. Cette situation géographique, au coeur de plaines de terre ocre, explique le double héritage de Datong, à la fois ville chinoise et ancienne ville fondée par des dynasties non-Han. C'est ainsi qu'un peuple des Xianbei fondèrent leur dynastie des Wei du nord en 386 à Pingcheng, l'ancien nom de Datong. A cette époque, la région attira de nombreuses populations, par exemple en provenance du Gansu, une province où le bouddhisme s'est implanté très tôt. Vous verrez dans quelques jours l'influence prise par le bouddhisme sous cette dynastie, avec la réalisation des Grottes de Yungang. Pourtant, afin d'étendre leur influence, les Wei du nord déplacèrent leur capitale à Luoyang, à mille kilomètres au sud de Datong.


Construite entièrement en bois en 1056, la pagode de Yingxian atteint une hauteur de près de 80m en comptant la flèche au sommet ! L'état de conservation de cette tour, unique en Chine, est fascinant, même si les planchers se sont affaissés par endroits et que la partie gauche de la tour est déséquilibrée comme le montre la photo.


Le monastère Huayan inférieur date du début du XIe siècle, et abrite des statues d'argile dans un style plus souple et sensuel que la plupart des autres statues présentes en Chine... mais il est impossible de les photographier.

Datong ne retrouva son importance originelle qu'au Xe siècle, sous la dynastie des Liao. Cette dynastie était une nouvelle fois non-Han, puisqu'elle représentait un peuple mongol, les Kitan. Avant de prendre le nom de Datong ("grande unité"), la ville était nommée Xijing ("capitale de l'ouest"), et c'est à cette époque que furent construits le monastère Huayan inférieur, où la magnifique pagode de bois de Yingxian. Les XIe et XIIe siècles furent très troublés. Vous vous souvenez peut-être du renversement des Song au sud par les Jin (Mandchous) dont il est question à la fin du Jin Ping Mei. Avant de s'attaquer au sud, les Jin prirent le dessus sur les Liao, et contrôlèrent Datong où ils laissèrent également leur trace, avec les grands temples des monastères Shanhua et Huayan supérieur.


Les Grottes de Yungang, les monastères de Shanhua et Huayan, la Pagode en bois, tous ces sites ont un point commun : le bouddhisme, sur lequel je reviendrai plus en détail très prochainement.


Le monastère Shanhua dans le sud de Datong fut fondé par les Tang, mais l'architecture actuelle date des Jin.

Par la suite, après l'expérience de la défaite face aux Mongols qui franchirent sans difficulté la Grande Muraille, les Ming et les Qing renforcèrent les défenses de Datong, pour en faire une ville fortifiée, protégeant l'accès à Pékin. Pour admirer tous ces vestiges des dynasties passées, il faut se perdre dans les petites rues du centre, là où les nouveaux bâtiments chinois ne sont pas encore trop nombreux, et l'ancienne Datong se révèle, derrière la poussière de charbon. Datong est en effet devenu le plus grand centre d'exploitation du charbon en Chine ; ce sera le sujet du prochain article.


Je termine par ce Mur des Neuf Dragons, datant de la dynastie Ming et mesurant plus de 45m de long.
Par Valentin Chaput - Publié dans : Voyages
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Dimanche 4 mai 2008
Il y a une dizaine de jours, je suis allé visiter le Musée de la Capitale de Pékin (首都博物馆), qui propose dans un cadre moderne de belles collections dans tous les domaines où les Chinois ont excellé. Idéal pour une petite introduction à l'art chinois !


Commençons dans l'ordre chronologique par ces bronzes datant des dynasties Shang et Zhou, bien avant l'unification de la Chine (XVIIe-IIIe siècles av.JC). Celui de gauche date du XIIe siècle av.JC ! La qualité des détails est assez impressionnante, comme le montre celui qui présente des têtes de taureaux. Celui d'en haut à droite mérite le détour pour ses couleurs, même si pour des raisons de place sur le blog, je ne peux pas vous le mettre en plus grand. Il faudra venir le voir sur place !


Les calligraphies en caractères traditionnels. Ce n'est pas toujours très beau, mais celle-ci me semble particulièrement harmonieuse, bien que les plus appréciées soient en général les calligraphies où le pinceau exécute le caractère en un seul trait fluide.


La peinture classique chinoise, difficile à prendre en photo en évitant les reflets de l'éclairage !


J'ai déjà évoqué l'importance de l'écrit dans l'art chinois, puisque les caractères peuvent être à eux seuls des oeuvres d'art ! Mais on les trouve le plus souvent sur les peintures, qui des Tang aux Qing se sont perfectionnées. Mais, en tant que non-expert, je trouve que l'évolution de la peinture chinoise classique est moins importante en amplitude et en qualité que l'évolution qu'a connu l'art européen entre les mêmes périodes. Plus généralement, et après avoir visité les musées de Xi'an et Nankin consacrés à d'autres dynasties chinoises, nous avons remarqué la reproduction d'un certain classicisme dans toutes les branches de l'art chinois.


Il y a en fait un élément qui vient diversifier l'art chinois, ce sont les oeuvres consacrées au bouddhisme, mais je vais avoir l'occasion d'y revenir très bientôt au sujet de Datong. A partir des Ming notamment, le travail du jade se perfectionne considérablement. Voici quelques exemples :


On trouve plusieurs styles de pièces : des scrulptures tout d'abord, comme cette petite embarcation, mais également des objets d'apparat, comme cette broche de ceinture (en jadéïte vert) ou cette broche (en jade blanc).


Enfin, il faut encore nommer la porcelaine bien entendu. Les Ming et les Qing se sont spécialisés dans cet art :


Bien d'autres pièces mériteraient votre attention, mais je ne peux malheureusement pas rentrer beaucoup plus dans le détail pour le moment. D'autres trésors nous attendent à Datong !
Par Valentin Chaput - Publié dans : Pékin
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Samedi 3 mai 2008
Beaucoup de lecteurs auront sûrement déjà vu Epouses et Concubines (大红灯笼高高挂, un titre chinois en lien avec "la levée des lanternes rouges"), Lion d'Argent à Venise en 1991. C'est le film qui a couronné le succès international de Zhang Yimou et de son actrice fétiche Gong Li. Je vous parlais récemment de la lecture du Jin Ping Mei, dont l'action se déroule au XIIe siècle. Ici, nous sommes dans les années 1920, et rien ne semble avoir changé ! La jeune Songlian doit arrêter ses études et trouver un mari car son père est décédé et sa famille ne peut plus l'entretenir. Elle devient la quatrième épouse du Maître Chen Zuoqian. Cette vie de solitude et de frustration à l'intérieur d'une cage dorée est seulement agrémentée des fameuses lanternes rouges. Ces lanternes sont au centre d'un cérémonial quotidien : lorsque le maître a choisi chez quelle épouse il souhaite passer la nuit, les lanternes de sa maison sont allumées. Au-delà de ce symbole, c'est l'organisation de la maison qui est en jeu, puisque la concubine choisie par le maître a le droit à un massage, elle peut choisir les repas du lendemain et elle commande à d'autres tâches domestiques. Dès lors, c'est une lutte sans merci qui s'engage entre les quatre épouses pour obtenir les faveurs du maître, et tous les coups bas sont permis.


Le film est beaucoup plus triste que le Jin Ping Mei, qui est un roman populaire destiné à distraire le lecteur. Les personnages sont beaucoup plus sombres, l'humour des personnages du Jin Ping Mei laisse ici la place à la froideur extrême des épouses entre elles. La mise en scène et le jeu des actrices sont par contre excellents. On ressent très bien l'ambiance pesante de cette maison. Le mari n'apparaît presque jamais de face et ses décisions sont transmises par les serviteurs, ce qui le rend distant et montre l'isolement des femmes dans un tel système de polygamie. La caméra ne sort jamais des hauts murs de la maison dans laquelle les femmes sont retenues prisonnières. Enfin, le rituel de l'allumage et de l'extinction des lanternes rouges est visuellement très beau. Si ce n'est pas déjà fait, il faut donc voir ce film !
Par Valentin Chaput - Publié dans : Cinéma chinois
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Vendredi 2 mai 2008
Je me souviens avec amusement d'avoir demandé au début de l'année ce que faisaient les frères et sœurs d'Alicia, Denise et Isabelle, les trois Chinoises avec qui nous étions allés à Xi'an. Question réflexe pour engager la conversation au début d'une nuit blanche dans le train... mais question que l'on ne pose pas en Chine ! Depuis 1979, la Chine a adopté un système de planification des naissances qui limite chaque couple Han à un seul enfant. Les minorités ethniques dont il était question ces derniers jours échappent toutefois à ce système, sur lequel il est nécessaire de faire un petit bilan.

Je suis fasciné par la puissance de pénétration des grandes décisions politiques dans les consciences collectives chinoises. Demandez à n'importe quel Chinois quels sont les gros problèmes de la Chine actuellement, vous serez déçus de ne pas entendre le manque de liberté de la presse ou l'absence de démocratie. Le vrai problème des Chinois, et ils en sont tous convaincus quelque soit leur génération, c'est leur nombre ! Alors que c'est souvent un argument présenté comme positif pour la Chine dans les pays occidentaux, les Chinois se pensent trop nombreux, et sont en concurrence. Il faut donc travailler toujours plus à l'université et en-dehors pour être le meilleur et ne pas se faire piquer la place au soleil. Voilà comment ériger le culte du travail et de la réussite en idéologie personnelle de toute la population !

Or puisqu'ils sont déjà trop nombreux, il est logique de limiter les naissances. Peu de Chinois remettent en cause cette vérité officielle. Seules les stars et les grandes fortunes sont prêtes à payer les amendes, dérisoires pour leur niveau de richesse, afin de contourner l'interdit. Pour tous les autres, la théorie impose l'enfant unique. Par conséquent, et après vérification puisque le film Lost in Beijing m'avait laissé pensé que les pratiques étaient clandestines, l'avortement a longtemps été encouragé (pour ne pas dire forcé) par le pouvoir, notamment lorsqu'un dépistage permettait de déterminer que le nouveau-né serait une fille. Maintenant dans la pratique, la politique de l'enfant unique est surtout respectée dans les villes, car les naissances sont plus difficiles à contrôler dans les campagnes, qui en plus ont droit à un deuxième enfant si le premier est handicapé ou si c'est une fille (ce qui revient à peu près au même dans ces cas-là ;-)). Les minorités ethniques ne sont pas limitées en termes de naissance, peut-être pour ne pas être accuser d'extermination lente de ces populations ? Nous l'avons vu en Mongolie, dans le Yunnan ou dans le Xinjiang, où les familles ont deux, trois voire quatre enfants en moyenne.

En revanche, la limitation des naissances chez les Han va avoir des effets secondaires déjà prévisibles. Toute la génération des premières années du contrôle des naissances comprend beaucoup plus d'hommes que de femmes, puisque certains parents préféraient avorter s'ils savaient qu'ils auraient une fille, afin de garder une chance d'avoir un garçon par la suite. De plus, le renouvellement des générations n'étant plus assuré, la population chinoise vieillit, et même s'il n'y a pas les mêmes problèmes de financement de retraites par répartition qu'en Europe, il n'est pas bon pour une société d'avoir plus d'anciens que de jeunes. Par conséquent, il existe plusieurs biais qui infléchissent la politique de l'enfant unique : les adultes divorcés et remariés peuvent avoir un nouvel enfant (c'est encore rare, mais j'ai connu un exemple concret). En cas de maladie grave du premier enfant, il est possible d'en avoir un nouveau, comme dans le film In Love We Trust présenté ci-dessous. J'ai également entendu qu'un couple de deux enfants uniques doit pouvoir avoir plus d'un enfant.

Autre changement induit par la politique de limitation des naissances : l'apparition des "Petits Empereurs". Autrefois très patriarcale et centrée sur le respect des ancêtres, la société chinoise change. Puisque l'enfant est désormais unique, les parents font tout pour le combler. Finie la vie à la dure, les nouvelles générations d'enfants des classes moyennes urbaines obtiennent satisfaction à tous leurs caprices ! Il va être intéressant de suivre le comportement de tous ces enfants gâtés élevés au McDo et éduqués dans les meilleures écoles privées lorsqu'ils seront adultes, et notamment lorsqu'ils feront face à des compatriotes qui auront connu une enfance bien plus difficile. La politique de l'enfant unique a certes empêché une explosion démographique encore plus importante dans un pays qui contient déjà près d'un quart de la population mondiale, mais les Chinois vont bientôt devoir affronter les conséquences démographiques, économiques et politiques de leur politique de limitation des naissances.
Par Valentin Chaput - Publié dans : Contrastes
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Vendredi 2 mai 2008
Wang Xiaoshuai est le réalisateur de Beijing Bicycle, un film qui m'avait beaucoup plu au début de l'année. Son dernier film, titré Zuoyou en Chinois (左右, "à gauche, à droite", ce qui signifie aussi "environ" après une quantité) et In Love We Trust en anglais, vient de sortir en Chine. Il s'agit de l'histoire d'une mère de famille divorcée qui a un nouveau compagnon et dont la fille tombe malade. Les médecins découvrent qu'elle est atteinte d'une maladie sanguine grave, et qu'il ne lui reste que deux ans d'espérance de vie si elle ne trouve pas un donneur compatible. Or ni la mère ni le père biologique, qui s'est remarié depuis, ne le sont. Quatre ans après le divorce, la mère va procéder à un chantage affectif auprès de son ancien mari, pour qu'ils fassent un autre enfant afin de sauver leur fille. Mais la santé de sa fille n'est peut-être pas sa seule motivation, puisqu'elle ne s'est jamais vraiment remise de la séparation avec son premier mari.


Le titre de mon article correspond à ce qui est écrit à droite sur la pochette du DVD. Dommage que ce soit la question principale du film, qui abandonne du coup une partie de son questionnement sur la vie des Pékinois.

Comme pour Beijing Bicycle, le premier élément touchant du film est la ville elle-même, mais peut-être faut-il y avoir vécu pour être sensible à ses tours grisâtres et ses métros bondés ;-). L'histoire de la petite fille est très émouvante elle aussi, mais j'ai été moins convaincu par la deuxième partie du film, lorsque la petite fille est reléguée au second plan pour faire place aux histoires de couples. En revanche, ma petite satisfaction personnelle est d'avoir compris l'ensemble, avec juste les sous-titres en Chinois pour me repérer. In Love We Trust est donc intéressant dans la mesure où il présente des destins pékinois à la fois très ordinaires et dans le même temps confrontés à une situation tragique, mais cela n'en fait pas un film immanquable.

 

Par Valentin Chaput - Publié dans : Cinéma chinois
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Jeudi 1 mai 2008
Aujourd'hui, c'est "Wu-yi" en Chine, c'est-à-dire le 1er mai. C'est l'occasion pour les Chinois d'avoir un jour de vacances et pour moi de parler de ce jour hautement symbolique dans un pays "communiste". Je ne vous apprends rien en disant que le système économique chinois n'a plus rien à voir avec le modèle marxiste ou maoïste : le secteur privé est en pleine explosion, le secteur financier a été libéralisé, permettant aux catégories supérieures de la population de s'enrichir très rapidement. Pourtant, lorsque l'on parle du miracle économique chinois, il ne faut pas oublier les ouvriers et paysans pauvres, très pauvres, qui restent à la traine. Ils seraient environ quatre cents millions à travers le pays, dans les campagnes principalement. Pour échapper à la misère, beaucoup tentent de rejoindre les villes pour travailler, en prenant le risque de l'illégalité et de l'extrême précarité. Ce sont les mingong, ou plutôt les nongmingong ("fermiers-travailleurs"). Pièce essentielle mais critiquable de la croissance économique chinoise, je pensais avant de venir en Chine qu'ils étaient cachés des yeux du public, à la manière de n'importe quel travailleur au noir. Bien au contraire, ils sont partout, même à BeiWai !


Trois ouvriers au travail sur l'un des nouveaux bâtiments de l'université.

Sous le maoïsme, les déplacements des Chinois étaient très limités, grâce au système de hukou, un passeport qui assignait chacun à vivre et travailler dans sa région natale ou dans celle où le régime l'avait envoyé, dans le but de développer l'ensemble du pays. Depuis les années 1980-1990, ce contrôle des migrations internes s'est allégé, et par pure rationalité économique, l'exode rural a conduit des millions de paysans vers les périphéries des villes en expansion. Cet exode concernerait près de deux cents millions de travailleurs et leurs familles, soit plus de trois fois la population française ! Pris en charge par des réseaux crapuleux ou proxénètes dans le cas des filles, ces migrants, qualifiés de "population flottante" échappent à toute protection sociale, et sont corvéables à merci pour gagner des misères. A Pékin, on les trouve sur tous les chantiers, se relayant de jour comme de nuit 24h/24, 7j/7 (et j'ai fait le test tout au long de l'année, même à 3h du matin en hiver par -10°C !). Leur productivité n'est pas forcément excellente, car on sait que plus le nombre d'heures travaillées est importante, plus la qualité et la concentration baissent. Les accidents du travail sont nombreux, car les normes de sécurité sont basses... quand elles sont respectées. Dans ces conditions, pourquoi ne se révoltent-ils pas ?


Ce n'est pas visible sur la photo, mais ils sont en train de détruire le plafond sur lequel ils sont
à l'aide de deux marteaux piqueurs, sans réelle protection. Ils ne sont qu'au deuxième étage,
mais certains chantiers dépassent allégrement les cent mètres de haut.


Tout d'abord, ils se révoltent régulièrement, mais à une échelle suffisamment petite pour que l'information soit contrôlée et n'entraîne pas une rébellion massive. Il est évidemment très difficile d'avoir des informations justes sur ces phénomènes dans leur ensemble, je ne peux me baser que sur ce que je vois au quotidien. L'autre raison qui pousse ces hommes à travailler dans ces conditions est purement algébrique : les salaires ont grimpé très vite en Chine depuis vingt ans. Dans les villes, les salaires ont plus que doublé depuis 2000. Les mingong rêvent d'ascension sociale, ils sont prêts à se sacrifier pour que leurs enfants puissent réussir, et ils voient leurs conditions s'améliorer, doucement mais sûrement. Ils sont certes nombreux mais absolument nécessaires dans les villes, donc la concurrence ne joue pas autant entre eux que dans d'autres secteurs. Par hypothèse, ils sont incontrôlables et employés sur des durées généralement courtes, donc ils peuvent très bien aller se faire embaucher sur le chantier voisin si cela paye plus. Du coup, tous les salaires sont en hausse. Cet argent est envoyé dans la famille restée à la campagne, où sert à faire survivre la famille lorsqu'elle a suivi l'homme ou le couple qui travaillent.


Les habitations spartiates des ouvriers sur les chantiers de BeiWai, ils sont quatre à six par chambre avec des douches communes. Quand ils ne sont pas dans leur dortoir, ils travaillent. Le reste du temps, ils récupèrent.

On pourrait penser que les riches Chinois et le régime ferment les yeux sur ces travailleurs peu qualifiés qui assurent la croissance du pays, mais la situation des mingong a fort logiquement entraîné de nombreux problèmes sociaux et a fait évoluer les consciences. Lorsque les enfants suivent leurs parents, ils sont souvent déscolarisés, car leurs parents n'ont pas de papiers pour justifier leur situation. Par conséquent, des associations privées commencent à développer des écoles spécialisées pour que les enfants sortent de l'illettrisme dont sont victimes la plupart de leurs parents. La majorité de ces "populations flottantes" vit dans des cités-dortoirs à la périphérie des villes, mais certains sont logés dans des préfabriqués sur les chantiers eux-mêmes, comme c'est le cas à BeiWai. Ils sont donc en contact constant avec une population plus riche et éduquée, parfois très méprisante envers leur condition. Les tensions et les actes de violence se multiplient ; il y aurait même eu des viols d'étudiantes chinoises sur le campus d'après mes partenaires linguistiques. Alors que les classes moyennes vont profiter du week-end de congés pour voyager, cette confrontation directe entre les classes sociales les plus pauvres et les plus riches devrait leur rappeler quelle est la clé de leur succès, et quel est le prix à payer... pour certains.


Le résultat du chantier qui a duré toute l'année à BeiWai : un énorme bâtiment qui abritera à la rentrée prochaine de nouveaux amphithéâtres et une piscine pour les lecteurs et lectrices du blog qui vont prendre ma relève ;-).
Par Valentin Chaput - Publié dans : Contrastes
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Mercredi 30 avril 2008
Je n'ai malheureusement ni la place ni le temps de développer les spécificités des différentes minorités chinoises en dehors des Bai, Naxi et Ouïghours rencontrés en chemin et sujets de futurs articles, mais certains d'entre vous sont peut-être intéressés par la question. Il existe de nombreux livres généraux ou consacrés à une minorité particulière. Le Guide Bleu "Chine du sud-ouest" des éditions Hachette est déjà une très bonne base, et propose une longue bibliographie. Dans un autre domaine, il existe une collection de cent contes chinois traduits en français, répartis en dix livres de poche. Parmi ces petits textes, la plupart proviennent des minorités ethniques. Pour ma part, je n'ai lu que les dix contes du livre L'esclave et la fille du Roi-Dragon ; cela se lit vite et avec plaisir, même si les contes sont de qualité inégale. Ce qui m'avait frappé, c'était la ressemblance de certains contes chinois avec les nôtres. Bonne lecture !


Par Valentin Chaput - Publié dans : Lectures chinoises
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Mardi 29 avril 2008
Il ne vous aura pas échappé que la question de la gestion des minorités ethniques chinoises est au coeur de l'actualité, avec les événements du Tibet notamment. Le Yunnan étant la zone géographique qui comporte à elle seule vingt-cinq des cinquante-cinq minorités, il me paraît intéressant de se pencher sur la problématique du rapport des Chinois Han (94% de la population) et du pouvoir central avec tous ces peuples. Les minorités les plus célèbres en dehors de Chine sont bien sûr les Tibétains, mais aussi les Ouïghours musulmans dont je reparlerai dans mes articles sur le Xinjiang et les Mongols dont il est question sur le premier blog, car ces trois ethnies sont aujourd'hui les plus difficiles à gérer pour Pékin, avec des volontés autonomistes ou indépendantistes (attention, ce n'est pas pareil !) plus ou moins affichées. N'oublions pas les musulmans Hui, plutôt bien intégrés car présents en Chine depuis la naissance de l'Islam, sont connus par tous ceux qui ont séjourné en Chine grace à leurs stands de brochettes de mouton dans les rues de tout le pays. Aujourd'hui, coup de projecteur sur les autres minorités, celles qui sont regroupées dans les provinces du sud (Yunnan, Guizhou et Guangxi). La lecture de l'article "Géographie 6) La diversité ethnique" est une introduction conseillée ;-).


Quelques guides touristiques en vêtements traditionnels... mais vu leur niveau de mandarin, je ne suis pas sûr qu'elle venaient toutes de la minorité qu'elles étaient censées représenter !

Dans le sud, les ethnologues ont établi une classification en trois grandes familles ethno-linguistiques, auxquelles échappent toutefois plusieurs minorités. La première famille est dite des "taï-kadaï" et représente neuf minorités du sud de la Chine qui ont des ramifications avec les peuples de la péninsule indochinoise. Parmi ces ethnies, citons les Buyi et le Dong dans le Guizhou, les Zhuang du Guangxi qui sont la première minorité en nombre avec plus de 16 millions d'habitants, ou les Dai du Yunnan que nous connaissons ici pour leur cuisine sucrée ! Viennent ensuite les "tibéto-birmans", surtout présents dans le Yunnan mais allant jusqu'au Sichuan et au Hunan dans le centre de la Chine. Ce sont souvent des peuples tibétains nomades qui se sont sédentarisés dans des zones très limitées, d'où une certaine homogénéïté locale malgré la mixité générale du Yunnan. Citons les Bai de Dali et les Naxi de Lijiang que j'ai pu rencontrer après Kunming, mais aussi les Yi qui sont 8 millions, mais démontrent les limites de la classification chinoise en cinquante-six groupes ethniques, puisque les Yi se différencient eux-mêmes en une multitude de groupes ethniques différents !  Enfin, la famille des "miao-yao" sont plus répartis dans toute la chine du sud et sont répartis en plusieurs groupes ethniques qui parlent d'un côté des langues Miao et de l'autre des langues Yao. Au passage, notez que les Yao ont été la première minorité officiellement reconnue dès les premiers siècles de notre ère, avant que les Tang leur donnent ce nom, en rapport avec une dispense d'impôt accordée à ce peuple dont les ancêtres légendaires remontaient aux premiers seigneurs mythiques de la Chine. Il est impossible d'être exhaustif, surtout qu'il faudrait présenter les langues et les coutumes de chaque ethnie en termes d'éducation, de mariage, de relation à la mort etc. Il en va de même pour les vêtements, dont la diversité est très impressionnante, mais sur laquelle je ne peux pas m'étendre ici.


Quelques vêtements du musée des minorités. C'est un peu frustrant pour ceux que cela intéresse acr j'ai beaucoup d'autres photos, mais pas la place de tout publier sur le blog. Peut-être pour un futur best-of du blog ?

En revanche, il me paraît nécessaire de retracer l'évolution des relations entre les Han et ces peuples des périphéries de leurs Empires successifs. Dès les premiers Empires, et notamment celui des Han, la conquête des petits royaumes barbares du sud était un objectif politique et économique prioritaire. Comme pour Kunming, la région du Yunnan et plus largement du sud de la Chine était déjà une importante plate-forme commerciale dans les premiers siècles av.JC. Avant la création de la Route de la Soie au nord-ouest, les principaux échanges transitaient en effet entre la Chine et l'Inde, en passant par la Birmanie. Pas étonnant qu'une telle localisation éveille des convoitises. Après des siècles de troubles en Chine, les Tang relancent une politique coloniale vers le sud à partir des VIIe et VIIIe siècles. Face à l'avancée des tribus tibétaines vers la Chine, les Chinois Han favorisent des protectorats avec les nombreux petits royaumes prospères de cette région des "marches de la Chine" et se satisfont de ce rapport de vassalité. Il faut attendre les Yuan, peut-être car ils ne sont pas Han eux-mêmes mais Mongols, pour voir une politique d'intégration plus volontariste du sud à l'Empire chinois (après une intense guerre de conquêtes toutefois...). Les Ming et encore plus les Qing tenteront quand à eux de recentraliser le pouvoir, ce qui entrainera de nombreuses révoltes. La plus célèbre est la révolte des Taiping évoquée dans les articles sur Nankin, qui est partie du Guangxi après avoir fédéré les Miao.
Au XXe siècle, les communistes tenteront dans un premier temps de faire disparaître toutes les traditions archaïques pour le maoïsme, aussi bien chez les Han que chez les autres. Avec la collectivisation de territoires qui restent très enclavés, le régime n'encourage pas le développement de ces régions, qui restent encore aujourd'hui en retard dans le développement chinois. En revanche, l'ouverture des années 1980 est plus favorable aux minorités, qui obtiennent une plus grande "autonomie" régionale et quelques avantages financiers ou institutionnels comme une représentation disproportionnée au Parlement et dans les instances locales. Le principal privilège est l'absence de planification des naissances pour les minorités, qui échappent ainsi à la politique de l'enfant unique (sur laquelle je reviendrai très prochainement). Voilà pour la théorie, car en pratique certaines minorités échappent à la classification, et certaines souhaiteraient une redéfinition de leur place.


Le cadre idyllique (pour le visiteur) du parc des minorités : 20°C mi-janvier !

Revenons à Kunming. La capitale du Yunnan souhaite mettre en valeur ce patrimoine ethnique hors du commun. Elle dispose désormais d'un magnifique musée, qui côtoie une autre réalité, une sorte de Disnleyland des minorités. C'était très intéressant pour comprendre la relation des Han avec les minorités. Nous avons donc débuté par la visite de cette "campagne des minorités" qui présente la reproduction de l'habitat naturel de quelques unes des principales minorités du Yunnan. A chaque fois, des guides habillées de manière traditionnelle entraînent les touristes Han vers les démonstrations de danse, d'acrobaties et bien sûr, vers les magasins de souvenirs. Le constat nous a sauté aux yeux : les Han visitaient ce site comme on visite un zoo ! L'ambiance de l'Exposition coloniale de 1931 à Paris ne devait pas être très différente, la consommation en moins. Le retard de développement des minorités du sud joue peut-être dans ce sentiment de supérioté des colons amusés par le folklore de ces bons sauvages qui d'ailleurs ont l'air particulièrement contents d'exécuter leur petits numéros ! Nous étions encore plus tristes de constater que nous étions (Yacine et moi) les deux seuls visiteurs du musée des minorités, qui lui au moins mettait réellement en valeur les histoires, les coutumes, les vêtements, les instruments de musique et les créations artistiques de toutes ces minorités. La gestion des minorités ethniques, même si le régime a fait d'importants efforts financiers et politiques en leur faveur, reste donc un problème présent et futur.
Par Valentin Chaput - Publié dans : Voyages
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Dimanche 27 avril 2008
Quelques jours de répit me permettent de reprendre le récit de mon voyage d'hiver, déjà si loin et dont vous savez encore si peu ! Après le froid extrême de Harbin et le temps très mitigé de Chengdu, quel plaisir d'atteindre le Yunnan, destination touristique emblématique de la Chine du sud ! Entre Harbin et le Yunnan, j'ai gagné... 50°C au thermomètre, et après le long hiver pékinois, c'était une bouffée d'air bienvenue que me procurait le soleil réparateur de Kunming (昆明).


Kunming est aux Pékinois ce que la Méditerranée est aux Parisiens... du soleil !

Kunming est aujourd'hui une ville en plein essor, profitant du tourisme et de sa position de carrefour avec les Vietnam, Laos, Cambodge et Birmanie voisins. Cette influence régionale n'est pourtant pas aussi nouvelle qu'on pourrait le croire en arpentant cette ville qui ressemble désormais à n'importe quelle autre cité chinoise moderne, le soleil en plus. Au sud de l'actuelle Kunming s'étend le grand Lac Dian avec ses mouettes. La présence de ce lac faisait de la région une voie de passage pour les convois reliant l'Inde à la Chine en passant par la Birmanie. Le Royaume de Dian profita également de la richesse minérale des sols yunnanais pour prospérer dès le IVe siècle av.JC. Ce succès attisa la convoitise des Han qui attaquèrent le Royaume de Dian dès le IIe siècle av.JC et en firent un vassal. Au cours d'une histoire mouvementée, la région de la future Kunming fut tour à tour délaissée au profit de Dali, puis disputée sous plusieurs dynasties chinoises. Citons la dynastie mongole des Yuan, qui acheva de rattacher le sud à l'Empire chinois, ou encore le rôle de capitale impériale de petites dynasties du XVIIe siècle, notamment les Ming du sud (1647-1660) puis les Zhou de Wu Sangui (1673-1681), qui tentaient de fuir le nord que les mandchous Qing venaient de conquérir.


Puis Kunming accueillit à la fin du XIXe siècle une forte présence étrangère, et notamment française. Il reste aujourd'hui quelques traces des bâtiments de cette époque dans le centre de Kunming, au sud du Lac Emeraude. Mais ce patrimoine est plus que jamais en danger. La preuve est apportée par cette photo : il s'agit d'une vieille pharmacie, l'un des derniers bâtiments anciens en bon état. Il était en couverture de notre guide de voyage, avec ce commentaire "Cette vieille pharmacie donne une idée du vieux Kunming avant le passage des bulldozers". Comme vous le voyez, les bulldozers sont arrivés depuis la rédaction du guide. Tous les bâtiments derrière la pharmacie ont été détruits et vous pouvez voir la grue qui érigera une nouvelle tour de logements... Même constat qu'à Chengdu, il ne reste plus que quelques temples traditionnels (comme le Yuantong Si ci-dessous) dans toutes ces villes transformées.


Le "Temple de la Compréhension de Toutes Choses", un temple bouddhiste datant de l'époque Yuan dans sa forme actuelle, mais en ayant conservé la structure du temple précédent, construit à l'époque des Tang.

L'intérêt principal (en dehors du soleil !) de Kunming ne réside plus dans le coeur de la ville, mais aux abords du Lac Dian, là où un musée dédié aux minorités ethniques chinoises nous a émerveillé. La suite au prochain épisode...
Par Valentin Chaput - Publié dans : Voyages
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Cher internaute, bienvenue sur mon nouveau blog !

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Pour ceux qui ne connaissaient pas mon premier blog, je me présente une nouvelle fois. Je m'appelle Valentin Chaput, ou Xia Bing (夏冰 : "glace de l'été") en Chinois. J'ai 20 ans, et dans le cadre de ma troisième année à Sciences Po Paris, j'ai la chance d'étudier le mandarin à Pékin pendant un an. J'étudie à l'université de langues étrangères de Pékin, la Beijing Foreign Studies University (BFSU), aussi connue en Chine sous le nom de BeiWai, abbréviation de Beijing Waiguoyu Daxue (北京外国语大学).

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Vous trouverez sur ce blog la suite du premier : des commentaires réguliers sur ma vie pékinoise, des photos de mes voyages et des dossiers thématiques pour découvrir à mes côtés la richesse de la civilisation chinoise. J'espère que vous prendrez du plaisir à parcourir ce blog, et que vous y  apprendrez beaucoup sur Pékin et la Chine d'aujourd'hui.

Bonne lecture à toutes et tous !

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J'ai ouvert mon premier blog il y a désormais six mois. Vous pouvez le retrouver grâce à ce lien :

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